Première Highline de Moutier
Cela faisait déjà un moment que le projet de tendre une Highline entre la grande tête de Moutier et l'arête spéciale naissait dans nos têtes. Cet ainsi que le samedi 3 septembre 2011, David, Jim et moi-même, nous nous sommes retrouvé pour réaliser ce projet d’envergure.

Départ avant l’aube à 6 heures de Delémont pour une longue journée forte en émotions. Arrivé à Moutier c’est l’heure de préparer le matériel, avant de s’attaquer à la marche d’approche (en faite il s’agit plutôt de la marche de descente de la voie d’escalade de l’arête spéciale). Les premières questions commencent à se poser, quel matériel prendre ? Qu’est-ce qui est nécessaire et qu’est-ce qui ne l’est pas ? A 7 heures 30 nous partons, dans le brouillard matinal, pour une grande aventure avec nos sacs à dos bien chargés.
A ce moment nous ne savons pas vraiment ce qui nous attend et de comment se déroulera la journée, la météo a déjà annoncé des orages pour le soir, nous ne disposeront donc que d’un jour pour trouver l’endroit où nous tendront notre ligne, l’installer et la traverser, bref une longue journée.
Arrivé au sommet de l’arête spéciale, après un petit détour dû au brouillard qui n’a pas facilité notre orientation sur ce terrain inconnu, nous commençons à étudier les différentes lignes possibles. Le critère principale est la qualité du rocher, car une fois notre ligne tendue, nos ancrage seront soumis à une très fortes tension, probablement supérieure à 1 tonne. Notre second critère est l’accès à la ligne et on préférera un léger replat dans la voie de l’arête spéciale à des parties plus raide.
Notre ligne partira environ 10 mètres en contrebas du dernier relais la voie d’escalade. En face, sur la grande tête, notre ancrage se situera lui à côté de l’avant dernier relais des voies de grimpe de la grande tête, soit à environ 20 mètres de rappel depuis le haut.

Nous commençons donc à percer la roche pour placer 4 points pour notre ancrage sur l’arête spéciale. Pour une sécurité maximale, ces 4 spits sont indispensables, 2 serviront d’ancrage pour la slackline et 2 pour notre ligne de vie (corde dynamique de sécurité en cas de rupture de la slackline). C’est un peu avec regret que nous plaçons nos points au milieu de la grande classique d’escalade de cet arête, mais ne pouvant guère faire autrement, si ce n’est de renoncer à notre projet, nous espérons que la communauté de grimpeurs tolérera ces points supplémentaires, qui sont les premiers spits de Highline de la région.
Une fois les spits placés, viens la question de comment passer notre slackline de l’autre coté ? Notre première tentative a été de lancer une corde depuis le haut de la grande tête, mais sans succès, la distance est trop grande. Une autre idée aurait été de descendre de chaque côté au fond des deux parois rocheuses pour rattacher deux cordes ensemble, mais la hauteur, qui est de probablement de plus de 80 mètres de haut, nous décourage. Notre seconde tentative est encore une fois de lancer une corde, mais cette fois-ci depuis le haut de l’arête spécial. Cet ainsi que David réussi un magnifique lancer de corde et que les deux paroi rocheuse sont réunies pour la première fois par une corde. Il ne reste plus qu’à tendre notre slackline et notre ligne de vie.

Une fois le tout tendu et après vérification du système complet, il nous faut encore scotcher la slackline et la ligne de vie ensemble avant de pouvoir tenter notre première traverser. C’est David, qui avec courage, est le premier à ce pendre sous la slackline et à la traverser en cochon pendu, afin de placer les scotchs. Les premiers mètres on peut lire sur son visage sont inquiétude voyant les 80 mètres de vide sous ses pieds… Mais le reste de la traverser en cochon pendu, s’effectue avec plus d’aisance.
Voilà c’est 14 heures 30 et nous sommes enfin prêts, notre ligne est splendide, d’une longueur d’environ 18-20 mètres et d’une hauteur de ~80 mètres avec une superbe vue sur Moutier. Nous avons bien mérité une petite restauration après cette longue matinée de travail.

Reste encore la question de qui sera le premier à tenter la traverser ? C’est le hasard qui décidera, on joue la question à zig zag zoug et papier, cailloux, ciseaux. C’est moi que le hasard a désigné. Je me place donc avec une grande appréhension sur la highline à environ 1-2 mètres du rocher pour tenter mon premier départ assis sur une highline… Ce moment est indescriptible et plein de sensations, peur et aventure… Après de longues minutes mon esprit arrive à combattre tous ces sentiments et je commence à me lever… A peine debout que c’est la chute, totalement incontrôlé, bien que par un instinct de survie j’ai essayé de me rattraper à la slackline, je tombe en plein dans le vide… Heureusement chute retenu par notre system de sécurité, je me retrouve 2 bons mètres pendu dans le vide sous la slackline, tremblant de tous mes muscles après une surdose d’adrénaline. Remonter sur la slackline ne se fait pas sans effort.

Suivirent d’autres essais avec diverses chutes, certaines contrôlées ou je me rattrape à la slack et d’autre moins dont une nouvelle chute total dans le vide. Ayant ma dose d’adrénaline, c’est au tour des autres de se lancer. Jim, ne voulant pas tenter le départ assis, ce lança sur la ligne à chaque fois depuis le rocher. A chaque chute, il se rattrapa élégamment à la slackline. Mais tout comme moi il ne fit pas plus que 4-5 pas sur la ligne. David quand a lui, malgré sa grande maîtrise de la slackline et longline, arriva seulement à ce lever à deux reprises. Bien que en regardant droit devant, nous ne voyons pas le vide, mais en faire abstraction est une autre chose. C’est un grand combat mental.

Malheureusement le temps passe et des nuages de plus en plus menaçant s’approchent rapidement, ce qui nous laissa à chacun seulement deux essais avant de devoir tout démonter et remballer avant l’arriver de l’orage.

Cet ainsi que notre journée ce termina à 19 heures 30 au parking à Moutier. Résultat, plein d’émotion et de moment inoubliable pour notre première tentative de highline, mais surtout on est impatient de pouvoir y retourner et de cette fois-ci réussir la traverser et pourquoi pas aussi quelques figures. Car on est plutôt fier de notre ligne, l’endroit est vraiment splendide.
A suivre…
Brice







